Le CDI (contrat à durée indéterminée) est la forme normale du contrat de travail en France. Il lie un salarié à son employeur sans date de fin prédéfinie.
Comprendre le CDI est essentiel pour tout candidat en recherche d'emploi. Ce guide couvre tout : définition juridique, droits, obligations, période d'essai, modes de rupture et avantages concrets.
Définition juridique du CDI
Le contrat à durée indéterminée est défini par l'article L1221-2 du Code du travail. C'est le contrat de droit commun. Cela signifie que tout contrat de travail est présumé être un CDI, sauf mention contraire écrite.
Un CDI n'a pas de date de fin. Il se poursuit jusqu'à ce que l'une des parties décide d'y mettre un terme, selon les procédures légales prévues.
L'employeur ne peut pas utiliser un CDD ou un contrat d'intérim pour pourvoir un poste permanent. Si le poste correspond à l'activité normale et durable de l'entreprise, le CDI s'impose.
Point important : le CDI peut être oral. La loi n'exige pas un écrit pour qu'un CDI soit valide. Mais un écrit est fortement recommandé. Il protège les deux parties et clarifie les conditions (salaire, poste, lieu de travail, horaires).
« Le CDI est la norme, pas l'exception. Quand un employeur vous propose un autre type de contrat, il doit justifier pourquoi le CDI ne s'applique pas. »
Ce que doit contenir un CDI
Même si le CDI peut être oral, la quasi-totalité des employeurs fournissent un contrat écrit. Voici les éléments qui doivent y figurer.
L'identité des parties. Nom et adresse de l'employeur. Nom, prénom et adresse du salarié. Numéro SIRET de l'entreprise.
La fonction et la qualification. L'intitulé du poste, le niveau de classification et la convention collective applicable. Ces éléments déterminent vos droits en matière de salaire minimum, congés et préavis.
La rémunération. Le salaire brut mensuel ou annuel. Les primes éventuelles (13e mois, variable, participation). Les avantages en nature (véhicule, tickets restaurant).
Le lieu de travail. L'adresse du site principal. Si le poste implique des déplacements ou du télétravail, ces modalités doivent être précisées.
La durée du travail. Temps plein (35 heures) ou temps partiel. Si vous êtes au forfait jours, le nombre de jours travaillés par an (218 jours maximum).
La période d'essai. Sa durée et ses conditions de renouvellement. La période d'essai n'est pas obligatoire, mais elle doit être mentionnée dans le contrat pour être valide.
| Catégorie | Durée initiale | Renouvellement | Durée maximale |
|---|---|---|---|
| Ouvriers et employés | 2 mois | 2 mois | 4 mois |
| Agents de maîtrise et techniciens | 3 mois | 3 mois | 6 mois |
| Cadres | 4 mois | 4 mois | 8 mois |
Le renouvellement de la période d'essai n'est possible que si la convention collective le prévoit et si le contrat le mentionne. L'employeur doit obtenir l'accord du salarié avant de renouveler.
Les droits du salarié en CDI
Le CDI confère des droits solides. C'est le contrat qui offre la meilleure protection au salarié en droit français.
Protection contre le licenciement. L'employeur ne peut pas licencier un salarié en CDI sans motif réel et sérieux. Le licenciement abusif ouvre droit à des indemnités devant les prud'hommes.
Congés payés. 25 jours ouvrés par an minimum (5 semaines). Certaines conventions collectives prévoient des jours supplémentaires selon l'ancienneté.
Formation professionnelle. Accès au CPF (Compte Personnel de Formation). Possibilité de demander un bilan de compétences ou un congé de formation.
Accès au crédit. Les banques et les bailleurs privilégient les candidats en CDI. C'est souvent une condition pour obtenir un prêt immobilier ou signer un bail.
Assurance chômage. En cas de licenciement ou de rupture conventionnelle, le salarié en CDI a droit à l'allocation de retour à l'emploi (ARE). La durée d'indemnisation dépend de l'ancienneté.
| Durée travaillée | Durée d'indemnisation maximale | Condition |
|---|---|---|
| 6 mois à 2 ans | 6 à 24 mois | Selon durée cotisée |
| 2 ans et plus (< 53 ans) | 24 mois maximum | Licenciement ou rupture conv. |
| 2 ans et plus (53-54 ans) | 30 mois maximum | Licenciement ou rupture conv. |
| 2 ans et plus (55 ans et +) | 36 mois maximum | Licenciement ou rupture conv. |
Les obligations du salarié en CDI
Le CDI crée des droits, mais aussi des obligations. Les ignorer peut conduire à un licenciement pour faute.
Exécuter le travail convenu. Le salarié doit accomplir les missions décrites dans son contrat. Il doit respecter les consignes de son employeur dans le cadre de son pouvoir de direction.
Respecter les horaires. Les retards répétés et les absences injustifiées constituent des fautes pouvant justifier un licenciement.
Obligation de loyauté. Le salarié ne peut pas concurrencer son employeur pendant la durée du contrat. Il doit respecter la confidentialité des informations auxquelles il a accès.
Clause de non-concurrence. Si le contrat en contient une, elle s'applique après la fin du CDI. Elle doit être limitée dans le temps et l'espace, et compensée financièrement.
Les 5 modes de rupture du CDI
Un CDI n'est pas un engagement à vie. Il existe cinq façons légales d'y mettre fin.
1. La démission
Le salarié décide de quitter l'entreprise. Il doit respecter un préavis dont la durée dépend de la convention collective et de son ancienneté.
La démission n'ouvre pas droit au chômage, sauf dans certains cas (démission pour suivre un conjoint, création d'entreprise avec projet validé). Depuis 2019, la démission pour reconversion professionnelle peut aussi ouvrir des droits sous conditions.
2. Le licenciement
L'employeur met fin au contrat. Il doit invoquer un motif réel et sérieux : motif personnel (faute, insuffisance professionnelle) ou motif économique (difficultés financières, suppressions de poste).
Le licenciement donne droit à une indemnité légale calculée sur l'ancienneté. Un quart de mois de salaire par année d'ancienneté pour les 10 premières années. Un tiers de mois par année au-delà.
3. La rupture conventionnelle
L'employeur et le salarié se mettent d'accord pour mettre fin au contrat. C'est la procédure la plus courante depuis sa création en 2008.
La rupture conventionnelle ouvre droit au chômage. L'indemnité ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement. Un délai de rétractation de 15 jours calendaires s'applique après la signature.
En 2025, plus de 500 000 ruptures conventionnelles ont été homologuées en France. C'est devenu le mode de séparation privilégié pour les cadres.
« La rupture conventionnelle est le mode de séparation le plus sain. Les deux parties discutent, négocient et s'accordent. Le candidat repart avec une indemnité et ses droits au chômage. L'entreprise évite un conflit. »
4. La prise d'acte de rupture
Le salarié considère que l'employeur a commis des manquements graves (non-paiement du salaire, harcèlement, modification unilatérale du contrat). Il prend acte de la rupture et saisit les prud'hommes.
Si le juge valide, la rupture produit les effets d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse. Si le juge refuse, elle produit les effets d'une démission. C'est une procédure risquée.
5. Le départ ou la mise à la retraite
Le salarié qui atteint l'âge légal de départ à la retraite peut quitter l'entreprise en respectant un préavis. L'employeur peut aussi mettre le salarié à la retraite à partir de 70 ans (ou 67 ans avec accord).
CDI vs autres contrats : tableau comparatif
| Critère | CDI | CDD | Intérim | Freelance |
|---|---|---|---|---|
| Durée | Indéterminée | 18 mois max (renouv.) | 18 mois max | Mission par mission |
| Stabilité | Maximale | Limitée | Faible | Variable |
| Préavis | 1 à 3 mois | Non (sauf accord) | Non | Selon contrat |
| Chômage | Oui (sauf démission) | Oui (fin de contrat) | Oui (fin de mission) | Non |
| Accès au crédit | Favorable | Difficile | Très difficile | Sur bilan |
| Prime de fin | Non | 10 % (précarité) | 10 % (précarité) | Non |
Pourquoi le CDI reste le contrat préféré des candidats
Malgré l'essor du freelancing et du portage salarial, le CDI reste le contrat préféré de 72 % des salariés français selon l'enquête Dares 2025.
Sécurité financière. Le CDI garantit un revenu régulier. Les banques l'exigent pour un prêt immobilier. Les bailleurs le préfèrent pour un bail.
Évolution de carrière. Le CDI permet de se projeter. De demander une formation. De négocier une promotion. De construire une trajectoire sur plusieurs années au sein d'une entreprise.
Protection sociale. Mutuelle d'entreprise, prévoyance, participation aux bénéfices, intéressement, plan d'épargne entreprise. Ces avantages sont liés au CDI et représentent souvent 20 à 30 % du package total.
Droit à la formation. Le CDI alimente le CPF à hauteur de 500 euros par an (800 euros pour les salariés peu qualifiés). Sur 10 ans, c'est un capital formation de 5 000 euros.
Conseils pour bien négocier son CDI
Décrocher un CDI, c'est bien. Le négocier correctement, c'est mieux. Voici les points à vérifier avant de signer.
Le salaire. Comparez avec les grilles du marché. Un développeur full-stack en CDI à Paris se situe entre 48 000 et 70 000 euros brut en 2026 selon l'expérience. Un commercial B2B entre 40 000 et 55 000 euros fixe plus variable.
La période d'essai. Elle n'est pas obligatoire. Si votre profil est très recherché, vous pouvez demander sa suppression ou sa réduction.
Le télétravail. Faites-le inscrire dans le contrat ou dans un avenant. Un accord verbal ne suffit pas. Précisez le nombre de jours par semaine et les conditions (indemnité, équipement).
La clause de non-concurrence. Si elle existe, vérifiez trois points : sa durée (raisonnable = 12 à 24 mois), sa zone géographique et sa compensation financière (minimum 30 % du salaire dans la plupart des conventions).
Les avantages complémentaires. Tickets restaurant, mutuelle, RTT, intéressement, participation. Ces éléments augmentent votre rémunération réelle de 15 à 30 %. Ne les négligez pas.
Le CDI dans le recrutement en 2026
Le marché du recrutement en France reste dominé par le CDI. En 2025, 87 % des embauches de cadres se sont faites en CDI selon l'Apec.
Les secteurs en tension comme la Tech, le Marketing digital et la Finance proposent quasi exclusivement des CDI pour attirer les candidats.
Les recruteurs savent que le CDI est un argument d'attractivité fort. Proposer un CDI dès le premier contact facilite la conversion des candidats passifs.
Vous cherchez un CDI dans un secteur en tension ? Consultez nos fiches métiers pour connaître les salaires et les perspectives de chaque poste. Ou parcourez nos offres sur la page candidats.
- Le CDI est le contrat de droit commun en France : tout employeur qui veut y déroger doit justifier le recours à un autre type de contrat, sous peine de requalification.
- La rupture conventionnelle est le mode de séparation le plus utilisé pour les cadres (plus de 500 000 par an) car elle ouvre les droits au chômage et permet une négociation de l'indemnité.
- Les avantages complémentaires du CDI (mutuelle, participation, CPF, épargne salariale) représentent 20 à 30 % du package total : ne les sous-estimez pas lors d'une négociation salariale.




