Orthophoniste : métier, missions et salaire

Un orthophoniste traite les troubles de la communication et du langage chez les enfants et adultes par des méthodes thérapeutiques.
Marie Eltz
Orthophoniste

Qu’est-ce qu’un orthophoniste ?

L’orthophoniste est un professionnel de santé spécialisé dans le diagnostic et la rééducation des troubles de la communication, du langage oral et écrit, et de la déglutition. Il intervient auprès d’enfants, d’adultes, de seniors, en cabinet libéral, milieu hospitalier ou institution spécialisé. Son action permet de prévenir, évaluer et traiter de nombreuses pathologies liées à la parole ou la compréhension.

La profession s’appuie à la fois sur des compétences scientifiques, pédagogiques et humaines. L’orthophoniste agit sur prescription médicale et collabore souvent avec des médecins, psychologues, psychomotriciens, ergothérapeutes et autres spécialistes pour proposer un accompagnement global.

Le métier évolue au rythme des avancées scientifiques, des besoins de la population (vieillissement, troubles neurodéveloppementaux) et des innovations technologiques (outils numériques, applications de rééducation, plateformes de téléorthophonie).

Quelles sont les missions d’un orthophoniste ?

Les missions varient selon l’âge du patient, le trouble à prendre en charge et l’environnement de travail de l’orthophoniste. En pratique, le cœur de métier repose sur plusieurs étapes clés du suivi thérapeutique.

Premièrement, l’orthophoniste procède systématiquement à une évaluation complète : bilan orthophonique, recueil de l’anamnèse, analyse des résultats, élaboration d’un diagnostic fonctionnel. Ce bilan repose sur des tests normés, des observations cliniques et l’entretien avec la famille ou l’entourage.

Ensuite, il conçoit un projet d’intervention personnalisé, communique au patient et à son entourage, puis met en œuvre la rééducation adaptée : séances individuelles ou collectives, exercices spécifiques, activités ludiques, conseils, guidance parentale. Les axes thérapeutiques sont réajustés selon les progrès constatés et les besoins du patient.

L’orthophoniste s’occupe aussi de la prévention, du dépistage précoce des troubles, de l’information et de la formation auprès des familles, des enseignants, des équipes médicales ou médico-sociales.

Enfin, il consigne et actualise le dossier patient, rédige des comptes rendus médicaux à transmettre au prescripteur, collabore avec les autres intervenants pour coordonner la prise en charge globale.

Voici une synthèse des missions principales :

  1. Bilan orthophonique (évaluation du langage, de la communication, de la déglutition…)
  2. Élaboration, mise en place et suivi d’un projet thérapeutique personnalisé
  3. Séances de rééducation ou de réadaptation
  4. Prévention, dépistage, orientation
  5. Conseils et accompagnement familles et équipes éducatives
  6. Rédaction de comptes rendus et dossiers médicaux
  7. Interdisciplinarité et travail en équipe (réunions, partages d’informations…)

Ces missions peuvent évoluer selon la spécialité de l’orthophoniste : prise en charge pédiatrique des troubles du langage oral, orthographe, voix, bégaiement, autisme, pathologies neurodégénératives (maladie d’Alzheimer, Parkinson), aphasie suite à un AVC, troubles de la déglutition chez le nourrisson ou la personne âgée, troubles liés au handicap rare ou à la surdité.

Quelles sont les compétences pour devenir orthophoniste ?

Devenir orthophoniste demande un socle de compétences scientifiques, relationnelles et organisationnelles.

L’expertise du langage, des processus cognitifs et sensoriels, l’adaptabilité face à chaque situation clinique, la pédagogie et l’écoute active font la différence au quotidien.

Côté savoir-faire, l’orthophoniste doit agir avec rigueur et méthode : analyse clinique, observation fine, précision dans la pose du diagnostic et choix des axes thérapeutiques. Il est capable de créer des exercices adaptés à chaque patient et d’ajuster son approche de façon dynamique.

La relation avec le patient et sa famille demande empathie, patience et diplomatie. L’orthophoniste sait expliquer, rassurer, motiver l’adhésion au soin. Il communique de façon claire et adaptée à chaque âge. Une grande capacité d’adaptation est utile : chaque suivi est unique et le professionnel doit s’ajuster en temps réel.

La déontologie, le respect du secret médical, la gestion du stress et la faculté à s’autoformer (lectures scientifiques, formations continues) permettent de garantir un accompagnement de qualité.

Voici les principales compétences clés à réunir :

  • Maîtrise scientifique : anatomie, physiologie, phonétique, linguistique, psychologie du développement, neuropsychologie, troubles du langage, pathologies associées
  • Capacité d’analyse, esprit de synthèse
  • Savoir-faire en évaluation et traitement des troubles
  • Créativité et adaptation constante des exercices
  • Pédagogie, capacité à vulgariser l’information
  • Bienveillance, écoute active, empathie
  • Organisation, autonomie, gestion des dossiers
  • Sens du travail en équipe et communication interdisciplinaire

Côté outils et logiciels indispensables :

  • Tests d’évaluation standardisés (EXALANG, ELO, BELEC…)
  • Applications et plateformes de téléorthophonie (HappyNeuron, SpeechCare…)
  • Logiciels de gestion de cabinet (Orthoscribe, Vega, Doctolib…)
  • Matériel de rééducation : jeux éducatifs, outils ludiques, supports numériques
  • Traitement de texte, bureautique, gestion de dossiers informatisés
  • Outils partagés en structure : messagerie sécurisée, logiciels de rédaction médicale

L’orthophoniste doit rester curieux et agile face à l’évolution des pratiques : nouvelles applications, ressources numériques, outils d’analyse du langage (intelligence artificielle, reconnaissance vocale…), tests actualisés.

Les soft skills sont centraux : patience, persévérance, gestion des émotions, adaptation à l’évolution des patients… Un équilibre est à trouver entre exigence professionnelle et relation humaine.

Quelles sont les formations ou études pour devenir orthophoniste ?

Pour exercer comme orthophoniste en France, il est obligatoire d’obtenir le Certificat de capacité d’orthophoniste (CCO). Ce diplôme d’État reste le seul titre autorisé et reconnu par l’Agence Régionale de Santé. La formation dure 5 ans, accessible après le baccalauréat, et se déroule en institut de formation universitaire spécialisé rattaché à une UFR de médecine.

La sélection d’entrée s’effectue désormais via Parcoursup : les candidats postulent en licence Accès Santé (LAS), licence Sciences du langage ou licence Sciences cognitives, puis passent un entretien oral spécifique d’aptitude. Ceux qui valident trois années (L3 ou équivalent) et réussissent la sélection, intègrent ensuite l’école d’orthophonie pour un cursus de 5 ans (grade master, niveau bac+5).

Ce parcours universitaire alterne enseignements théoriques (sciences du langage, neuropsychologie, phonétique, physiologie, psycholinguistique…), stages pratiques (cabinets, structures hospitalières, centres de rééducation) et mémoire de fin d’études. L’alternance théorie/pratique permet un ancrage fort des compétences de terrain.

La liste et le nombre d’écoles évoluent chaque année. Pour plus d’informations et obtenir les coordonnées des écoles, consultez le site de la Fédération Nationale des Étudiants en Orthophonie ou de l’Association Nationale des Enseignants d’Orthophonie.

Toutes les écoles ne recrutent pas à la même période ni sur les mêmes attendus : il convient d’anticiper son projet scolaire, de suivre les actualités officielles sur les admissions.

Le diplôme obtenu permet l’inscription à l’Ordre national des orthophonistes et l’exercice en libéral ou salarié sur tout le territoire.

Il n’existe pas d’alternative sérieuse à ce parcours : ni BTS, ni licence professionnelle, ni bootcamp ne permettent à ce jour d’exercer officiellement. Certaines formations permettent d’enrichir le cursus : diplôme universitaire (DU) sur des pathologies spécifiques, master complémentaires ou formations en ligne (MOOC, e-learning sur la prise en charge de pathologies rares, outils numériques innovants…).

Quelques ressources en ligne fiables pour s’informer : ONISEP, Service Public, Campus France. Il existe aussi des groupes dédiés sur les réseaux sociaux pour découvrir l’expérience étudiante en orthophonie, poser des questions sur la préparation au concours, les débouchés et la réalité du métier.

La formation continue est obligatoire lors de l’exercice. Elle se traduit souvent par des stages professionnels thématiques ou des formations certifiantes (troubles alimentaires, autisme, voice therapy…).

Quelles sont les évolutions professionnelles et perspectives de carrière ?

Le métier d’orthophoniste offre une grande diversité de parcours. L’installation en libéral est la voie la plus courante, avec un large choix quant au type de patientèle, à l’organisation du temps de travail, ou au mode d’exercice (cabinet seul, cabinet de groupe, maisons de santé pluridisciplinaires).

Certains professionnels choisissent la voie salariée : hôpitaux, centres de rééducation, établissements pour enfants ou adultes handicapés, structures médico-sociales, EHPAD, services spécialisés (CAMSP, SESSAD, IEM…). D’autres accèdent grâce à l’expérience à des postes de coordination thérapeutique, responsable de centre, encadrement d’équipe ou forment les futurs orthophonistes.

Après plusieurs années de pratique, l’orthophoniste peut aussi se spécialiser dans une pathologie ou un public spécifique : neuropsychologie, prise en charge des troubles alimentaires, troubles du spectre de l’autisme, troubles de la voix, dysphagie, communication augmentée et alternative, cancérologie ou rééducation des troubles cognitifs post-traumatiques.

Certains orthophonistes acquièrent une reconnaissance en tant qu’expert, travaillent en recherche clinique, participent à l’évaluation de nouveaux protocoles, écrivent des ouvrages, collaborent avec des laboratoires ou industriels développant des outils numériques médicaux.

L’enseignement universitaire, l’encadrement des stages, la formation continue ou le tutorat en institut d’orthophonie ouvrent aussi la porte à d’autres perspectives de carrière. Il est possible de s’investir dans les organismes professionnels et syndicaux, dans l’encadrement territorial ou dans la santé publique au sein d’instances nationales (HAS, ARS…).

Dans certains cas, après un parcours engagé, l’orthophoniste évolue vers l’expertise judiciaire, la participation à la mise en œuvre de politiques de santé publique ou la création de structures d’accueil spécialisées.

Quel est le salaire d’un orthophoniste ?

Le salaire de l’orthophoniste varie selon plusieurs critères : expérience, ancienneté, mode d’exercice (libéral, salarié, mixte), zone géographique, typologie de la patientèle, secteur (privé, public, associatif), nombre d’actes réalisés et spécialisation éventuelle.

Grille de salaires annuels et Taux Journalier Moyen (TJM) en France pour un Orthophoniste, par niveau d’expérience et zone géographique
Niveau d’expérience Paris Grandes villes Régions Freelance TJM
Débutant (0-2 ans) 27 - 34k € 24 - 32k € 22 - 30k € 140 - 200 € / jour
Confirmé (3-6 ans) 36 - 47k € 32 - 44k € 30 - 41k € 200 - 270 € / jour
Senior (> 6 ans) 49 - 70k € 39 - 58k € 35 - 52k € 270 - 370 € / jour
Paris
Débutant (0-2 ans) 27 - 34k € 140 - 200 € / jour
Confirmé (3-6 ans) 36 - 47k € 200 - 270 € / jour
Senior (> 6 ans) 49 - 70k € 270 - 370 € / jour
Grandes villes
Débutant (0-2 ans) 24 - 32k € 140 - 200 € / jour
Confirmé (3-6 ans) 32 - 44k € 200 - 270 € / jour
Senior (> 6 ans) 39 - 58k € 270 - 370 € / jour
Régions
Débutant (0-2 ans) 22 - 30k € 140 - 200 € / jour
Confirmé (3-6 ans) 30 - 41k € 200 - 270 € / jour
Senior (> 6 ans) 35 - 52k € 270 - 370 € / jour

À noter : les orthophonistes en libéral facturent à l’acte selon la nomenclature de la sécurité sociale et déclarent des honoraires bruts. Les frais (local, matériel, URSSAF, CARMF, assurances…) viennent en déduction. Les revenus nets dépendent donc largement du volume de consultations, du tarif moyen pratiqué, et du temps dédié à l’activité ou à la patientèle (enfants, soins long-cours, suivi institutionnel).

Les salaires en secteur hospitalier suivent la grille nationale de la fonction publique ou de la convention collective. En structure médico-sociale (IME, MDPH, association), la négociation salariale dépend de l’ancienneté, de la structure (public/privé associatif) et du volume horaire.

En zone tendue (Paris, grandes villes, territoires sous-dotés), l’activité peut vite monter. Dans d’autres cas, la concurrence ou la démographie médicale locale peuvent peser sur la fréquentation du cabinet.

Quels sont les principaux secteurs d’activités et employeurs d’un orthophoniste ?

Les orthophonistes exercent dans différents contextes selon leur projet de carrière et la population à accompagner.

Le secteur libéral reste le plus répandu. Un tiers des professionnels choisissent d’ouvrir leur cabinet, seuls ou en groupe, souvent en maison de santé pluridisciplinaire. On trouve aussi de nombreuses collaborations libérales, remplacements temporaires, ou installation progressive dans des régions sous-dotées.

Du côté salarié, les emplois se trouvent : en hôpital (services ORL, neurologie, pédiatrie, gériatrie), en centre de rééducation, en établissement spécialisé (IME, ITEP, CAMSP, SESSAD) pour la prise en charge des enfants ou adultes en situation de handicap, ou en EHPAD pour les seniors avec troubles neurologiques ou de la déglutition.

Des orthophonistes travaillent dans des structures pluridisciplinaires associatives, des centres de soins, des établissements scolaires (ULIS, dispositifs d’inclusion, aide à la scolarisation des enfants dys…), ou auprès de réseaux de soins rare (handicaps complexes, surdité, polyhandicap…).

D’autres intègrent des équipes de recherche clinique, enseignent à l’université, participent à des groupes de développement de logiciels médicaux ou d’applications éducatives. Certains sont recrutés par les collectivités locales pour des programmes de prévention, de dépistage ou de projets de santé publique.

Les employeurs principaux sont donc :

  • Cabinets libéraux (individuels ou groupés)
  • Maisons de santé pluriprofessionnelles
  • Hôpitaux (publics, privés, centres spécialisés)
  • Centres de rééducation et réadaptation fonctionnelle
  • Institutions médico-sociales : IME, ITEP, MDPH
  • EHPAD, unités Alzheimer
  • Associations spécialisées (autisme, handicap rare…)
  • Collectivités locales et établissements scolaires en dispositifs spécifiques
  • Centres de recherche, laboratoires, éditeurs de solutions numériques

Les employeurs valorisent une expérience solide, la spécialisation éventuelle, un bon relationnel et la capacité à s’intégrer à une équipe de soins pluridisciplinaire. La demande de soins orthophoniques reste forte sur l’ensemble du territoire, avec des listes d’attente parfois longues, en particulier en zones rurales ou banlieue. L’installation est donc fréquemment facilitée avec un carnet de rendez-vous rempli rapidement.

FAQ

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Qu'est-ce qu'un orthophoniste ?

Un orthophoniste est un professionnel de santé spécialisé dans le diagnostic et le traitement des troubles de la communication et du langage. Il travaille avec des patients de tous âges pour traiter diverses pathologies, comme les difficultés d'articulation, les retards de langage, ou les troubles de la déglutition. Grâce à des séances de rééducation personnalisées, il aide les patients à améliorer leur communication orale et écrite, favorisant ainsi une meilleure intégration sociale et scolaire ou professionnelle.

Quel est le salaire d'un orthophoniste ?

Le salaire d'un orthophoniste varie en fonction de l'expérience, du lieu d'exercice et de la mode d'exercice (libéral ou salarié). En début de carrière, un orthophoniste salarié peut gagner entre 1 500€ et 2 500€ brut par mois. En libéral, les revenus peuvent varier significativement, mais avec l'expérience, ils peuvent atteindre 3 000€ à 4 500€ mensuels ou plus, notamment s'il développe une clientèle fidèle et diversifiée.

Comment devenir orthophoniste ?

Pour devenir orthophoniste, il est nécessaire de suivre un cursus spécialisé en intégrant une école d'orthophonie après le baccalauréat. Cet apprentissage dure généralement cinq ans et permet d'obtenir un certificat de capacité d'orthophoniste. Les études couvrent des disciplines variées, telles que la linguistique, la psychologie, et les sciences médicales. Un stage en milieu professionnel est également inclus dans le programme pour assurer une formation pratique complète avant d'entrer dans le monde du travail.

Quelles sont les missions d'un orthophoniste ?

Les missions d'un orthophoniste incluent l'évaluation des capacités de communication des patients, l'élaboration de plans de traitement adaptés, et la réalisation de séances de rééducation. Il travaille également en collaboration avec d'autres professionnels de santé et enseignants pour assurer un suivi global des progrès du patient. L'orthophoniste intervient auprès de patients souffrant de divers troubles, tels que la dyslexie, l'aphasie, ou les troubles de l'audition, en utilisant des techniques pédagogiques et thérapeutiques spécifiques.

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